1. Choisir une application libre de gestion d'audiothèque

Il en existe un bon nombre. Nous recommandons actuellement Clementine qui est disponible aussi bien pour GNU/Linux, Windows® et macOS®. Site officiel, documentation.
Vous pouvez aussi consulter nos conseils pour bien choisir votre gestionnaire d'audiothèque.

2. Constituer l'audiothèque

Nous recommandons d'organiser rationnellement les dossiers qui contiennent les morceaux de musique.

Une solution possible est d'avoir une arborescence par genre, puis par artiste, puis des sous-dossiers par album.
Une autre solution peut consister à trier vos morceaux en fonction de l'usage que vous souhaitez en faire (danse, relaxation, etc.).

En plus, à l'aide du gestionnaire, vous pourrez associer à chaque morceau des informations qui le décrivent (dites métadonnées), telles que le genre, la date, une appréciation, et même un commentaire (ou les paroles de la chanson). Ces métadonnées sont inscrites dans le fichier audio lui-même, elles en sont indissociables. Chaque information est appelée "étiquette" (tag).

2.1. Numériser vos CD-audio (CDA)

Nous recommandons pour cela l'application libre K3b (pour GNU/Linux) et l'application libre CDex pour Windows®.

Lors de l'extraction des pistes audio du disque vers des fichiers audio écrits sur votre disque dur, l'application peut chercher à identifier chaque piste en interrogeant une base de données en ligne dite CDDB. Si la piste est identifiée, les métadonnées essentielles (titre, auteur, nom de l'album) seront automatiquement récupérées et inscrites dans les fichiers audio.
Ainsi K3b interroge la base libre freedb, qui est actuellement un peu plus efficace que la base libre MusicBrainz (interrogée par d'autres applications capables d'extraire les pistes d'un CDA).

Format de compression

Lors de ce processus, les pistes du CDA sont encodées dans un format de compression audio. (Le programme qui encode et décode un format audio particulier s’appelle un codec).

De plus la compression peut s'effectuer sans perte de qualité ou avec perte. Cette dernière étant plus efficace pour économiser l'espace de stockage. La qualité audio encodée est notamment exprimée en débit d'information à la seconde (kbps).

Nous vous recommandons le format libre Ogg Vorbis (il permet l'harmonisation des volumes sonores (replay gain), il est compatible et ouvert) ; le débit recommandé est de 192 kbps (meilleur compromis entre taille de fichier et qualité).
Toutefois si vous n'avez pas de problème de place de stockage (mémoire de stockage importante sur les appareils où vous voulez utiliser ces fichiers audio) vous pouvez en plus (ou à la place) encoder vos fichiers au format libre flac car ce dernier compresse sans perte de qualité.

À noter :

  • le format libre Opus est plus efficace que Vorbis mais il n'est pas encore bien pris en charge par toutes les applications car il est récent.
  • Le format wma (Windows Media Audio) est à proscrire. Totalement obsolète il pose de nombreuses difficultés. Nous aborderons plus loin le transcodage (changement de format).
  • Le format mp3 est tombé récemment dans le domaine public, vous pouvez donc l'utiliser mais il est moins efficace que Vorbis.
  • Tous les autres formats non cités précédemment sont soit fermés (non libres) soit marginaux.

2.2. Faire le tri

Parmi les fichiers audio que vous aurez rassemblés, il peut être utile d'éliminer les pistes sans intérêt ou de trop faible qualité audio (musique avec un débit inférieur à 80 kbps voire inféreur à 128 kbps ; voix inférieure à 32 ou 80 kbps).

Le gestionnaire d'audiothèque vous permet de trier les morceaux en fonction du débit (bitrate).

2.3. Éliminer les doublons

Le gestionnaire d'audiothèque devrait vous aider à repérer les doublons (Clementine possède une fonction pour cela). Puis vous pourrez conserver celui ayant la meilleure qualité d'enregistrement (le meilleur débit).

3. Traiter les fichiers audio

Une fois tous vos fichiers rassemblés il peut s'avérer nécessaire de les transformer pour pouvoir vraiment tirer parti de l'audiothèque.

3.1. Transcodage vers un format libre et permettant l'enregistrement des étiquettes

Seul un format libre assurera la pérennité de votre collection (le fait que vous pourrez encore lire ces fichiers dans des années).
Les étiquettes sont très utiles pour identifier, classer et retrouver les morceaux.

Les formats suivants répondent actuellement à ce double impératif :

  • compression sans perte : flac ;
  • compression avec perte : Ogg Vorbis pour la musique (ou mp3), Speex pour la voix.

Le transcodage en masse est effectué de préférence à l'aide d'un logiciel spécialisé et il est recommandé d'utiliser un ordinateur doté d'un processeur relativement puissant car c'est une opération nécessitant beaucoup de calculs.
Le transcodage est indispensable pour se débarrasser des formats fermés et obsolètes (wma en particulier).

Nous recommandons le logiciel SoundKonverter pour GNU/Linux.

À noter : le transcodage change évidemment l'extension du fichier. Si celui-ci était inclus dans une liste de lecture, il faut aussi le renommer à l'intérieur de celle-ci. Voir notre tutoriel pour effectuer cette opération en masse.

3.2. Étiquettes album à compléter ou harmoniser

Cette opération est un préalable pour l'harmonisation automatisée des volumes. En effet la musique est souvent publiée par albums constituant une unité artistique. Les différents morceaux (pistes) de l'album peuvent avoir volontairement des volumes sonores différents les uns des autres.

Vous devrez compléter l'étiquette "album" de façon que chaque piste d'un même album porte la même étiquette. De plus il est recommandé de compléter également l'étiquette "artiste de l'album" (ou à défaut l'étiquette "artiste" [du morceau]) car il existe des homonymes dans les noms d'album.

Les étiquettes sont gérées par votre gestionnaire d'audiothèque (vous pouvez aussi utiliser un logiciel spécialisé, voir plus bas).

3.3. Harmonisation des volumes sonores (replay gain)

Cette opération permet d'avoir un volume moyen constant lorsque vous jouez une liste de lecture, même si à l'origine les différents morceaux ont été enregistrés à des volumes différents. Lors de la lecture le replay gain peut être réglé pour respecter les différences internes à un album (à condition d'avoir effectué l'opération d'étiquetage préalablement décrite), ou au contraire tout niveler.

L'harmonisation est effectuée par le lecteur audio si les valeurs de volume moyen ont été au préalable inscrites dans les métadonnées. Cette opération s'effectue à l'aide d'un logiciel spécialisé et il est recommandé d'utiliser un ordinateur doté d'un processeur relativement puissant car c'est une opération nécessitant beaucoup de calculs.

Nous recommandons les logiciels replaygain (pour traiter des fichiers un à un) et collectiongain (pour traiter un dossier et ses sous-dossiers) pour GNU/Linux. Ce sont ceux qui supportent le plus grand nombre de formats audio et écrivent les informations de la façon la plus compatible avec les lecteurs. Ces logiciels n'ont pas d'interface graphique, ils s'utilisent en ligne de commande de façon simple.

Techniquement les informations du volume moyen de la piste et du volume moyen de l'album sont des étiquettes enregistrées dans les métadonnées. Les volumes sont exprimés en écart de décibels par rapport à une valeur de référence (89 dB).

3.4. Étiquetage (tags)

Les étiquettes sont utiles pour identifier, classer et retrouver les morceaux de musiques dans le gestionnaire d'audiothèque. En effet l'arborescence des fichiers sur votre disque dur ainsi que les noms de fichiers sont peu exploitables. Les étiquettes sont des informations associées à chaque fichier et qui le décrivent.

Les étiquettes usuelles sont le titre du morceau, le nom de(s) artiste(s) du morceau (les interprètes), le titre de l'album auquel il appartient (le cas échéant), le numéro de piste, le nom de(s) artiste(s) de l'album, le genre musical (que vous pouvez librement définir pour faire une classification qui soit parlante pour vous, néanmoins les bases de données en ligne - comme freedb - ont leurs propres catégories), la date de publication de l'album, le nom du compositeur (s'il est différent de l'interprète).

Pour la rédaction des étiquettes il est recommandé d'utiliser les règles standardisées en vigueur sur freedb. Mais vous pouvez faire autrement si cela répond mieux à votre usage. Réfléchissez-y à l'avance. (Par exemple inscrire la date de composition et/ou d'enregistrement à la suite du titre du morceau ou de l'album.)

Il est également possible d'ajouter d'autres étiquettes, notamment un commentaire libre qui peut servir à stocker les paroles de la chanson ou à indiquer l'usage que vous pensez faire de ce morceau.

L'image de la pochette de l'album peut également être stockée dans les métadonnées du fichier. Ceci est plus fiable que l'autre solution technique qui consiste à avoir l'image comme fichier séparé dans le même dossier que les pistes de l'album. Toutefois les fichiers incorporant l'image seront légèrement plus volumineux.

Nous recommandons le logiciel spécialisé EasyTag pour GNU/Linux et Windows® qui possède notamment des fonctions automatisées pour modifier les noms de fichiers à partir des étiquettes ou, réciproquement, pour remplir les étiquettes à partir du nom de fichier si celui-ci est correctement structuré. Voir une documentation succincte en français sur ubuntu-fr.org.

4. Notation

Vous pouvez attribuer à chaque morceau une appréciation (matérialisée en général par des étoiles, de 1 à 5). Celle-ci pourra vous servir notamment lors de la création de listes de lecture.

Important : il est recommandé d'inscrire cette appréciation comme une étiquette dans les métadonnées. Dans Clementine il faut cocher une option pour que cet enregistrement soit activé. Les notes enregistrées par Clementine sont visibles dans le lecteur libre VLC.

5. Sauvegardes

Pour que tout ce travail - qui peut être long et fastidieux - de mise en forme de votre audiothèque ne risque pas d'être perdu, pensez à effectuer régulièrement des sauvegardes de vos fichiers audio (voir notre tutoriel).


mise à jour : 2 avril 2018